A la Une

Pérou : Des migrants haïtiens violemment repoussés à la frontière brésilienne

Depuis dimanche 14 février, près de 400 migrants, essentiellement des Haïtiens, tentent de franchir la frontière entre le Brésil et le Pérou. Mais ils sont violemment repoussés par des militaires et policiers péruviens car le Pérou a fermé ses frontières dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire lié au coronavirus.

La tension est palpable dans cette vidéo tournée aux abords d’Iñapari, un village situé au sud-est du Pérou, à la frontière avec le Brésil. Sur le pont qui sépare les deux pays, des dizaines de policiers et militaires font barrage aux migrants et n’hésitent pas à employer la force, comme en témoigne cet Haïtien s’adressant aux forces de sécurité péruviennes. « Vous nous traitez comme des animaux. Vous frappez nos femmes et nos enfants, alors que nous voulons juste passer », lance-t-il.

Selon les médias locaux, du gaz lacrymogène a été lancé contre les migrants. La plupart d’entre eux sont des Haïtiens, mais certains viennent aussi du Burkina Faso, du Sénégal, du Bangladesh ou du Pakistan. Ils vivaient au Brésil depuis des années, mais la crise économique et sanitaire qui frappe durement ce pays les a poussés au départ.

Loin de vouloir s’établir au Pérou, ils veulent pouvoir continuer leur route, comme l’explique ce missionnaire catholique venu en aide aux migrants sur place. « Ils demandent qu’on mette à leur disposition des bus qu’ils sont prêts à payer pour être conduits jusqu’à la frontière avec l’Équateur et rejoindre ensuite le Mexique », dit-il.

Les migrants réclament donc qu’on les laisse passer, d’autant que la fermeture des frontières favorise le trafic de personnes. « Les frontières sont fermées, mais les passeurs les font passer par le fleuve et se remplissent les poches, ajoute le missionnaire. Normalement, la traversée coûte un dollar, mais les Haïtiens nous racontent qu’on les fait payer jusqu’à 120 dollars. »

Dès lundi, les autorités locales et l’Église catholique ont appelé le gouvernement péruvien à trouver une solution rapidement pour éviter une escalade de la violence. Des incidents analogues se sont produits il y a deux semaines à la frontière avec l’Équateur. Le gouvernement péruvien avait alors envoyé l’armée à Tumbes pour empêcher l’entrée de migrants vénézuéliens sur le territoire péruvien.

Info 4.0 / Source : RFI

Suivez-nous sur

Facebook

Bouton retour en haut de la page