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L’insécurité en Haïti, le bon vouloir de l’État ou son incapacité?

Ces jours-ci, toute la population et même la diaspora sont témoins des atrocités perpétrées sous les yeux de nos soit disants dirigeants, comme selon le feu bâtonnier et professeur d’université, Me. Monferrier Dorval emporté par la vague d’insécurité, le pays n’est plus dirigé et ni administré. Cette montée s’accompagne toujours de terreur, de multiples meurtres, des incendies, de kidnapping et tant d’autres désagréments.

Les gangs armés dans les quartiers populaires sont devenus les vrais détenteurs de pouvoir. Ils agissent comme bon leur semble sans aucune crainte puisque parait-il, ils sont plus légaux que la seule force armée légale du pays, en l’occurrence la Police Nationale d’Haïti (PNH).

La pression qui règne dans ces zones de la capitale, au lieu de s’abaisser, empire au jour le jour. Les gangs armés n’ont pas chômé, leurs heures d’opération augmentent considérablement, les cadavres laissés derrière eux dépassent largement ceux causés par la Covid-19. On se demande si les gens n’ont pas bien fait d’ignorer en quelque sorte la pandémie actuelle de la Covid-19 pour se concentrer sur leur plus grande menace que sont les gangs armés.

D’où vient cette apparente puissance?

Ces individus qui répandent de façon croissante la terreur au sein de la population sont mieux fournis en armes, en munitions et aussi en revenu que les agents de la police nationale. Leurs vidéos choquantes à la vue de tout un chacun constituent la preuve la plus tangible à cet effet. Des bandits possédants divers grands calibres de guerre sans pour autant posséder les moyens nécessaires de subvenir au besoin de leurs proches. D’où viennent ces armes destinées à être utilisées contre la population ?

Le kidnapping devenu monnaie courante depuis bien des temps, semble ne pas être interdit aux yeux de la loi puisque les auteurs intellectuels et matériels ne sont jamais arrêtés ou contraints à mettre fin à cette pratique combien inhumaine. Est-ce la complicité de l’État utilisée à des fins politiques ou est ce son incompétence?
De toute façon l’État ne peut pas avoir de responsabilité, il est le garant de la sécurité de tous les Haïtiens.

L’année dernière le premier ministre du pays, Me Jouthe Joseph a déclaré sans gueule de bois être en communication avec les gangs armés les plus connus de la zone métropolitaine. Il avait continué pour dire qu’on lui a souvent donné pour conseil d’aller les envahir dans leurs tanières. Chose à l’époque qu’il a refusée parce que les individus armés devraient d’abord être dorlotés afin de déposer leurs armes. Regardez où ces genres de décisions nous ont mené.

Lors de la dernière opération menée à Village de Dieu, plusieurs de nos valeureux policiers, toujours fidèles au serment qu’ils ont prononcé, celui de protéger et servir, ont trouvé la mort dans le fief des bandits de la manière la plus humiliante qui puisse exister. Les bandits dont ces policiers pensent partir à leur chasse ont pu renverser la situation. Ils ont riposté comme s’ils attendaient la venue des policiers, ils ont eu le temps de préparer la contre-attaque comme s’ils étaient présents lors de la planification des opérations.
L’État face à cette situation qui pique l’indignation de la population, est allé récupérer son char saisi pendant l’opération au lieu de récupérer les cadavres des policiers malmenés après leur mort.

Les occupants armés de ces zones de non droit deviennent plus puissants chaque jour, les autorités le savent parfaitement, pourquoi dans une opération d’une si grande envergure il n’est présent dans l’opération que de douze policiers sans renfort à distance? Peut-on en conclure que les autorités ne sont pas assez habiles à mener une bonne opération? Pourtant pour empêcher le groupe d’artistes devant performer à l’anniversaire du chef de gang Izo, elles ont su déployer un effectif plus que nécessaire.

La situation du pays va de mal en pire, jusqu’à quand un réveil citoyen pour un appareil judiciaire fort, un État sans corruption, une sécurité stable avec une force de police équilibrée et travaillant sans être sous contrainte des pouvoirs politiques? À ce moment-là , une autre Haïti verra le jour, on pourra en être fier.

Loubenson FRANÇOIS

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