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Le pays a-t-il un caractère national pour dire vrai?

De tous les ouvrages impossibles à écrire, les plus impossibles sont ceux qui traitent des nations et du caractère national.( Jacques Barzun)

Il y a un grand nombre de livres <>qui ont été écrits car, dans le domaine de l’art et de la littérature beaucoup d’histoires remontent à la plus haute antiquité. Des historiens ( depuis Hérodote), journalistes, diplomates, missionnaires et de simples voyageurs se sont tous employés à décrire la personnalité des nations, maispas trop dans un contexte politique comme est le cas d’Haïti.

Toute nation est un ensemble complexe, à l’intérieur duquel le comportement et la personnalité varient en fonction de la profession, de la région ou de la classe sociale; certains se sont demandés par exemple, si, à bien des égards, la ressemblance n’était pas plus grande entre un Haïtien et un Dominicain.

Qui sommes-nous?

Qu’est ce qu’on a en commun dans une société bouleversée par l’affirmation et la visibilité d’une identité plurielle et une autre particulière dans un contexte où il y a une identité majoritaire et des identités minoritaires?

En fait, parlons de certaines crises sévissant au pays. La crise identitaire pour commencer. Celle-ci est pour nous autres l’attention et notre incapacité à trouver un point d’équilibre qui est un mode de dialogue entre une identité majoritaire qui, dans la voix de certaines personnes veulent réduire l’identité majoritaire à l’identité nationale. Et comment pourrait-on avoir une identité nationale sans avoir une idéologie commune ? Parallèlement, des identités minoritaires qui veulent se rendre visible, en disant nous revendiquons les droits des particuliers . D’où le phénomène du banditisme Haïtien.

Cette tension là, provoque ou nourrit finalement la crise identitaire de notre chère nation.

Ce phénomène, le banditisme qui nourrit la crise est dû par la remise en cause de notre représentation de l’Etat. Un État nation et un État républicain pour répéter les grands savants, est un État dans notre imagination omnipotent qui peut tout faire, il peut tout résoudre, il incarne l’intérêt général donc, son incapacité depuis disons la fin des années 70 au début des années 80 a trouvé des solutions à cette crise identitaire, illustre les limites de son omnipotence,des limites quant à sa capacité de définir un nouveau contrat social. Ce qui donne l’opportunité aux bandes armées de semer la terreur en toute impunité dans le pays.

Ce qui donne l’occasion à des mercenaires étrangers d’assassiner un président en exercice. Des journalistes, étudiants et pauvres citoyens ont été assassinés et kidnappés. Dans les quartiers populaires à Port-au-Prince et dans certaines villes de province des enfants de 10 à 15 ans ont des armes comme s’ils étaient dans l’armée. Delà, La population se demande: < Le pays fabrique t-il des armes à feu, Si non pourquoi le pays en est rempli?>

D’une certaine manière notre représentation de l’ État est également questionné par l’affirmation de la crise parce que l’Etat qui est censé incarner une nation et l’intérêt général qui n’arrivent pas à incarner de son côté cette nation et à définir cet intérêt général.
Nous nous trouvons dans une société particulièrement inégalitaire et le plus défavorisé semble incarner pas une identité culturelle, le banditisme.

Pour finir, une crise démocratique, nos représentants ont du mal à nous représenter d’où la crise de représentation dont une crise de la représentativité qui nourrit par un procès avec des différents chefs d’accusations : l’incompétence, l’impuissance, l’immoralité et la non représentativité et le fait de ne plus croire dans la parole de ceux qui nous représentent .

Une tension politique, une fragmentation de la société elle-même, la société civile, le corps politique lui-même font qu’on se demande donc la nation, notre nation existe elle puisque ceux qui sont censé l’incarné et la représenter ne sont pas à la hauteur?

Guerbens JURÉ, Juriste

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