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Journal intime de Fréda : Quand Fabienne Lamour ralie la poésie et le vodou

Ce jeudi 10 décembre 2020, la Direction Nationale du Livre (DNL) a accueilli la vente signature du recueil de poèmes de Fabienne Lamour intitulé « Le journal intime de Fréda » paru chez les Éditions Correct Pro.

L’instant où la magie se perd
Dans le parfum de nos morts pensifs
Le temps n’habite plus les quatre chemins
De nos jambes dépliées
À la trajectoire du vent,
Le matin dans sa chambre
Le silence est le plus talentueux des musiciens
Comme cette lampe au bout du chemin
La maison plus lourde sans toi,
Refait ses nœuds de papillon.
(Renaissance, Journal intime de Fréda, page 18)

Le Journal intime de Fréda est ce recueil de poèmes qui reflète le rapport poésie/vodou qui pour l’auteure est un rapport de vie. Le vodou est présent dans chaque phrase, dans chaque mot, dans chaque poème. À travers cette œuvre porteuse de toutes les motivations, on peut aussi déceler le rapport intime et intense d’une dangereuse complicité entre les ténébres et la lumière. Le journal intime de Fréda est un texte poétique que l’auteure a rédigé avec la main gauche de Fréda.

Si le fruit témoigne de l’arbre, alors qui est Fabienne Lamour ?

Internationaliste de formation à l’Académie Nationale Diplomatique et Consulaire (ANDC), Fabienne Lamour, surnommée Freda, est née à Port-au-Prince et elle est la benjamine d’une famille de trois enfants. De religion catholique, pourtant cela ne change rien en ses croyances dans la culture du vodou. D’ailleurs elle répète souvent qu’un tambour habite en elle dès son plus jeune âge.

Rien qu’en pénétrant le titre si bien inspiré de Fabienne, “Le Journal intime de Fréda”, nul besoin de relater que cette déesse de l’amour est une passionnée de la poésie ésotérique. Bien que souvent silencieuse, elle aime pourtant fouiller dans les profondeurs. D’ailleurs, pour elle la poésie ne peut revendiquer aucune signifiance si elle ne tient compte du vécu et de l’identité de celui ou celle qui s’y adonne.

Ceci dit, Fabienne Lamour n’a pas seulement la poésie dans sa plume, mais elle est plutôt l’expression même de la poésie, elle incarne à la fois le verbe de l’expression et la verve de l’imagination… Elle est au fait extraordinairement inspirante.

Si “Le journal intime de Fréda” est, en fait, sa première publication, mais son premier exercice d’écriture remonte dès son plus jeune âge. Elle avait à peine 9 ans quand elle a écrit son premier poème à l’occasion de l’anniversaire de sa maman.

Si on reprend un Extrait de la préface de cette œuvre hors du commun, rédigée par Jean Emmanuel Jacquet,
Fabienne Lamour n’est pas entrée
dans la poésie sur invitation d’un.e ami.e, son invitation lui est parvenue directement de son cœur qui ne palpite que l’amour.
L’acuité, les fines saisons et la fleur qui
gonflent dans ses vers, sans les étouffer, attestent d’une poétesse habitée par le sens du vers.

Quand Fréda écrit son journal intime
L’univers écoute,
La feuille blanche se jette sous sa plume

Il m’arrive de m’asseoir près d’elle
Comme pour partager un verre
Ou de redevenir avortée par la rivière
D’une phrase qui se symbolise par le silence des couloirs du midi
Et de sa transe aussi.
(Fréda, Journal intime de Fréda, page 44)

À l’occasion de cette vente signature, le public a eu le privilège de s’entretenir avec l’écrivaine pendant quelques minutes sur son parcours, mais surtout sur ses péripéties jusqu’à la publication de cette œuvre que la divinité vodou Fréda en personne lui a dictée dans les heures les plus sombres du jour. Cet évènement a aussi été une opportunité pour l’auteure d’honorer le poète Inema Jeudi, son grand Mentor, en lui remettant une plaque d’honneur.

Stevens Grégor Gabriel

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