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Haïti : L’UEH, la véritable cible de la PNH

L’université d’Etat d’Haïti (UEH) subit depuis quelques temps de nombreuses troubles occasionnées par les agents de la police nationale. Cet espace, où sont formés presque tous les érudits du pays, se trouve à un point où le calme et la tranquilité, deux des éléments clés pour un bon apprentissage, se sont vu disparaître par la seule force qui devrait changer la donne. Entre fusillade sur les étudiants, bombardement aux gaz lacrymogènes dans l’enceinte même des facultés et violation des espaces alloués à l’université s’installent les agents de police.

L’Université qui est un espace de débat, de réflexion, de recherche scientifique, un espace dans lequel les grands esprits se rassemblent, un espace qui devrait être à l’abri de tout danger, calme et paisible devient aujourd’hui la cible de la Police Nationale d’Haïti (PNH), de nombreux faits sont à l’origine de cette constatation.

Il semble clair que la conquête de la connaissance devient une infraction et l’intellectuel est considéré comme un obstacle aux yeux du gouvernement haïtien.
Le pourquoi est très simple.
Aucun étudiant, même totalement amnésique, ne peut oublier les récents actes perpétrés par les agents de la PNH à leur encontre.

Cette triste date du 19 novembre 2019 oú des agents de l’USGPN ont tiré à hauteur d’homme sur les locaux de l’ENS seulement pour empêcher les étudiants de réclamer auprès du Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP) le respect du protocole d’accord conclu entre eux concernant leur stage et nomination dans le système éducatif.

Comme ils ont agi dans l’intérêt du gouvernement, ils se sont arrangés le vendredi 13 mars 2020 pour bastonner deux respectueux professeurs qui se dévouent totalement à l’éducation en Haïti, malgré la crapuleuse situation. Lors de cette attaque à l’ENS plusieurs étudiants ont été blessés par balle.

Comme toutes ces actions anti-démocratiques n’ont reçu aucune réprimande, la justice n’a pas levé le petit droit, le vendredi 2 octobre 2020, la capitale haïtienne a été secouée lorsqu’on appris la manière et la cause de la mort de Grégory SAINT-HILAIRE, un étudiant finissant à l’ENS et étudiant en 2ème année à la FDSE. Les agents de l’USGPN l’ont abbatu à l’intérieur de l’Ecole Normale Supérieure.

Divers autres cas encore font état de la brutalité policière envers les sans défense que sont les étudiants. Un agent de la Brigade d’Intervention Motorisée (BIM) a sans hésitation tiré à la tête de Mical SAMUL, étudiant mémorant à la FAMV.

Après l’assassiant de Me Monferrier DORVAL, des étudiants de l’UEH spécifiquement ceux de la FDSE ont organisé des mouvements de protestation contre l’insécurité et réclamé justice pour le bâtonnier. Dans un seule journée, plus de 100 bombones de gaz lacrimogène ont été comptées dans l’enceinte de la faculté. Ces engins utilisés pour disperser les foules violentes ont été lancés de façon très abusive à l’intérieure de la faculté.
Des images où des agents sont entrain de lancer les bombones en direction de la faculté, oú ils se tiennent devant la barrière de la fac et pointent leurs armes à l’intérieur témoignent les injustices de ces agents.

Par ailleurs, les membres du groupe de gang G9, dans une prétendue marche organisée contre, disent-ils, l’insécurité et le kidnapping, malgré les avis de recherche qui ont été lancés contre eux, ont bénéficié de la protection policière comme il se doit. Pas même une bombone de gaz n’a été lancée.

Est-ce que dans un pareil pays où l’intellectuel est vu comme un péché, un embarras et/ou un obstacle pour l’État, on peut espérer un quelconque changement?

Jamesley LOUISIUS

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