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Haïti : Quand le messager du Nord répond à Jean Henry Céant

‘’Depuis quand la jeunesse était-elle synonyme d’incompétence et d’irresponsabilité’’

Les bonnes manières et la reconnaissance citoyenne exigent de nous, les citoyens, le respect et la révérence en nous adressant à ceux ​qui avaient eu l’honneur à un certain moment de la durée de diriger le destin de la République. Je m’en voudrais certainement si en débutant ce billet je ne vous adresserais pas mes salutations patriotiques et mes plus vives félicitations pour avoir construit une si belle carrière dans un pays où la réussite est considérée comme une exception à la règle.

Monsieur l’ex Premier Ministre, j’ai ressenti un profond malaise en échangeant ouvertement avec vous á un moment si critique de la vie nationale où un Président de la République en fonction se fait exécuter à son domicile, où les écoliers en manque de modèle expriment ouvertement leur mépris face à des dirigeants incompétents et irresponsables ; enfin où les institutions républicaines sont à genoux.

Je ne devrais sous aucun prétexte m’interférer dans un dossier de justice qui concerne un citoyen haïtien et une institution publique, cependant votre statut d’ancien Premier Ministre a fait du dossier ‘’ RBI’’ un fait social devant et interpellé le citoyen notamment le plus avisé. En cette qualité, je trouve non seulement la motivation  d’opiner mais aussi je m’évertue à suivre de très près l’évolution du dossier dans le but de déceler la moindre vérité cachée au fond du puits où seul un tribunal peut faire éclater la vérité en plein jour.  

Tenant compte de votre formation, de votre statut d’enseignant au niveau universitaire et d’ancien Premier Ministre de la République, les citoyens comme moi, s’attendaient à un autre langage et posture.  Vous voir qualifier le Directeur Général de « jeune avocat, fraîchement parachuté » ou de « prétendu avocat » est à mon avis une forme d’intimidation qui ne vous rend pas honneur.  Cette tentative d’instrumentalisation politique d’une institution publique ne rend service ni à la république ni aux institutions pour lesquelles, jadis, vous aviez juré soumission et fidélité.

Toute la jeunesse de ce pays à laquelle j’appartiens vous regarde.  Ce mépris que vous exhibez à l’endroit du Directeur Général de l’ULCC n’est pas une attaque touchant la personne de ce dernier mais plutôt une attaque de plus à l’endroit de nos institutions.  Votre attitude est ignoble et une fois de plus, vous contribuez au même titre que les apatrides, à affaiblir le peu qui nous reste de nos institutions républicaines.

Défendez-vous autrement.  Faites-le avec élégance.  Vous vous rendez au ras des pâquerettes et vos anciens collègues de la faculté de droit, le collège des notaires vous juge pour ce comportement si rétrograde, indigne d’un ancien chef du gouvernement de la République. Même dans l’antiquité les anciens n’ont pas eu une telle conception de la jeunesse. Dans l’éthique à Nicomaque lorsqu’Aristote faisait le parallèle entre la jeunesse et l’adulte dans les affaires publiques ; il ne l’avait pas fait par mépris. La compétence ne se résume pas en une question d’âge mais résulte plutôt de la capacité de l’Homme à prendre une part active dans le processus de transformation de son milieu.

Nul ne peut vous ravir du droit de vous défendre, cependant faites-le sans avoir à cracher sur les membres de la basoche.  L’ordre des avocats du pays vous a entendu qualifier un des siens d’incompétent et de parachuté.  Vous semblez oublier que vous êtes, vous aussi, membre d’un des barreaux que compte l’ordre des avocats du pays.  Par votre agissement audacieux,  vous ternissez l’image du barreau auquel vous appartenez.  De manière indirecte vous insinuez que les barreaux regorgent de personnes sans sciences, ni conscience professionnelles. Vous faites partie des rares personnes à posséder le secret sur la manière dont les politiques peuvent user de leur influence pour se dresser contre la justice.  Cette justice tant décriée n’est pas entièrement l’œuvre inique de nos magistrats, mais elle résulte surtout de l’image que les politiciens véreux, souhaitent faire du pays.  Sans que vous ne le sachiez, vous rappelez à tous les jeunes du pays, particulièrement aux citoyens avisés, à quel point les gérontocrates rendent de nos jours la vie si compliquée en raison de leurs manœuvres déloyales. Arrêtez ! Nous en avons assez !

En tant qu’ancien haut fonctionnaire de l’Etat, apprenez à vendre une autre image de vous. Relevez-vous ! Soyez un homme d’Etat si vous le pouvez encore.

Réginald Mesidor

Le messager du Nord

Politologue

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