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Analyse : Haïti, des présages d’un État effondré

Suite à son indépendance déclarée le 1er janvier 1804, Haïti se battait pour sa reconnaissance vu que, pour un État nouvellement indépendant, ce facteur des relations extérieures était déterminant. Avec ses maigres ressources, Haïti a payé d’un prix fort la dette de son indépendance. Au cours de l’histoire du pays, les faits politiques et les indicateurs macro-économiques semblent annoncer un État effondré.

Après trois mois de paralysie totale des activités à la fin de 2019 baptisée « Pays lock », Haïti connaît un calme relatif sur fond des problèmes qui constituent la base des revendications populaires. Les indicateurs macro-économiques sont à leur plus bas niveau depuis le séisme du 12 janvier 2010 et une part importante de la population croupit dans la misère. L’influence de l’international est confirmée.

L’insécurité connaît une recrudescence dans différents recoins du pays. La Justice est dans un État critique. La corruption devient la norme. La population ne sait plus à quel Saint se vouer. L’État de droit est en péril. La population attend le Messie. La crise devient permanente.

Alors que ces données sont au rouge, la crise politique prend une autre tournure. En effet, la caducité de la Chambre des députés et le dysfonctionnement du Sénat à cause de la non-tenue des élections au pays viennent mettre à genoux le Pouvoir législatif, l’un des trois principaux Pouvoirs de l’État. L’absence de contre-pouvoir n’est-elle pas une menace à la démocratie haïtienne qui peine à s’installer depuis des décennies ? Cet état de fait n’est-il pas les symptômes d’un État effondré ?

Des chercheurs aux observateurs, différents qualificatifs sont utilisés pour qualifier cette République. Certains parlent d’État faible, d’autres d’État failli, entre autres. L’échec de l’État pour garantir le bonheur à ses citoyens est patent tandis que les propositions ne manquent pas.

Si la décennie 2010-2019 a été marquée par des évènements des plus complexes qui sapent la démocratie de la Première République noire et indépendante ainsi que le bien-être collectif, cette nouvelle devrait être l’occasion pour que la Nation se mette ensemble autour d’un projet commun pour offrir à ses enfants la possibilité de s’accomplir et éviter la fuite des jeunes vers des terres étrangères.

 

 

 

 

 

Jean Jocelyn PETIT

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